Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets s’applique à toutes les entreprises, sans seuil. Ce que ça veut dire concrètement pour un bureau.

Biodéchets au bureau : ce que la loi impose

Ce que dit la loi, en trois phrases

Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est obligatoire pour tous les producteurs, professionnels comme particuliers. C’est l’aboutissement de la loi anti-gaspillage de 2020 et d’une directive européenne.

Le point que beaucoup ont manqué : il n’y a plus de seuil de tonnage. Jusqu’en 2023, l’obligation ne concernait que les gros producteurs — au-delà de cinq tonnes par an. Ce seuil a disparu. Un bureau de douze personnes qui jette des épluchures et du marc de café est concerné au même titre qu’une cantine d’entreprise.

Les biodéchets, ce sont les déchets alimentaires et les déchets verts : restes de repas, épluchures, marc de café, sachets de thé, fruits abîmés, fleurs fanées. Pas les emballages, pas les serviettes en papier souillées de produits non alimentaires.

Source : ministère de la Transition écologique, article L. 541-21-1 du code de l’environnement. Vérifié en septembre 2026 — si vous lisez cette page bien plus tard, revérifiez : c’est un domaine qui bouge.

Sur cette page

    Ce que ça change pour un bureau, concrètement

    Une entreprise de bureaux ne produit pas les mêmes volumes qu’un restaurant, et personne ne viendra peser votre poubelle. Mais l’obligation existe, et elle se traduit par trois choses.

    • Séparer. Les déchets alimentaires ne doivent plus partir avec les ordures ménagères résiduelles. Concrètement : un bac dédié dans la cuisine ou la salle de pause, distinct de la poubelle grise.
    • Choisir une destination. Deux voies sont reconnues : la gestion de proximité — compostage sur place, individuel ou partagé — et la collecte séparée par un prestataire, avec valorisation en compostage industriel ou en méthanisation.
    • Pouvoir le prouver. Un contrat de collecte, des bons d’enlèvement, ou la description de votre dispositif de compostage. C’est ce qu’on vous demandera en cas de contrôle, pas un rapport.

    Les solutions, de la plus légère à la plus lourde

    1. Le composteur de proximité. Pour une petite structure avec un extérieur, ou une copropriété de bureaux avec un espace partagé. C’est la solution la moins chère, et celle qui demande le plus de discipline : un composteur mal géré devient un problème d’odeurs en trois semaines. Il faut une personne responsable, pas une note de service.
    2. Le point d’apport volontaire de votre collectivité. Beaucoup de communes en ont installé pour les particuliers, et certaines les ouvrent aux petites entreprises. Renseignez-vous auprès de votre intercommunalité avant de signer un contrat : c’est souvent gratuit.
    3. La collecte par un prestataire. Un bac fourni, une tournée hebdomadaire ou bimensuelle, un bordereau. C’est la solution la plus simple à mettre en place et la plus facile à justifier. C’est aussi la seule réaliste au-delà d’une trentaine de personnes.
    4. Le composteur électromécanique. Ces machines qui réduisent les déchets en quelques heures existent, elles fonctionnent, et elles coûtent cher à l’achat comme à l’entretien. À réserver aux sites qui produisent vraiment du volume, typiquement avec une restauration collective.

    Les sanctions, et ce qu’il faut en penser

    L’amende administrative peut atteindre 15 000 €, portée à 150 000 € après une mise en demeure restée sans effet. Sur le plan pénal, l’abandon ou la mauvaise gestion de déchets est passible de quatre ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende.

    Autant être lucide : les contrôles sur un bureau de vingt personnes sont rares, et l’administration cible d’abord les gros producteurs et les filières à risque. Ce n’est pas la sanction qui devrait vous faire agir. C’est plutôt que la mesure est simple, peu coûteuse à cette échelle, et qu’elle rend visible quelque chose que personne ne regarde : la quantité de nourriture qu’un bureau jette chaque semaine.

    Réduire avant de trier

    Le meilleur biodéchet est celui qu’on ne produit pas, et dans un bureau l’essentiel se joue sur trois points.

    • Le frigo. Un frigo vidé toutes les semaines produit moins de déchets qu’un frigo vidé tous les trimestres — et cela paraît évident jusqu’à ce qu’on ouvre celui du fond. Une règle écrite, affichée, appliquée : notre modèle de charte de convivialité en contient une.
    • Les quantités commandées. Que ce soit des plateaux repas, des viennoiseries de réunion ou des fruits, commander « large pour être tranquille » produit mécaniquement du déchet. Sur les corbeilles de fruits, le bon repère est deux à trois fruits par personne et par semaine, calculé sur les présents et non sur l’effectif.
    • Le choix des produits. Un fruit qui tient une semaine finit mangé ; un fruit fragile livré en quantité finit à la poubelle. C’est tout l’objet de notre classement des fruits qui tiennent le mieux au bureau.

    Et les emballages ?

    C’est l’autre volet, et il est souvent confondu avec le premier. Depuis le 1er janvier 2025, les entreprises doivent trier séparément huit flux — papier et carton, métal, plastique, verre, bois, fraction minérale, plâtre, textile — mais uniquement au-delà de 1 100 litres de déchets par semaine, tous déchets confondus. En dessous de ce volume, l’obligation ne s’applique pas.

    C’est là que le choix d’un fournisseur pèse plus que n’importe quelle consigne interne. Une livraison hebdomadaire de fruits en barquettes filmées, c’est cinquante-deux cartons et cinquante-deux films plastique par an. Nos corbeilles sont consignées : nous reprenons le contenant à chaque passage, et il ne reste rien à trier. Voir nos engagements.

    Nos autres guides : le bureau zéro déchet et la charte de convivialité. Tous nos guides pratiques sur les fruits au bureau sont rassemblés ici.

    Écrit par Julien, fondateur du Tracteur, qui livre des corbeilles de fruits dans les bureaux entre Aix-en-Provence et Marseille. Mis à jour le 12 septembre 2026.